Armelle Sidje Tamo, l’ingénieure qui transforme les troncs de bananiers en papier Biodégradable

Partager sur facebook
Partager sur google
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Les Emballages papiers Biodégradables à base de tronc de bananiers d'Armel Sidje Tamo

Des emballages papiers Biodégradables fabriqués à partir des troncs de bananiers, voilà quelle est la formidable innovation mise au point par la camerounaise Armelle Sidje Tamo, à travers sa startup PRA (Produits Relatifs au Secteur Agricole).

Rien ne prédestinait pourtant la jeune ingénieure en réseau et télécommunications à mettre au point une telle innovation agricole, mais la curiosité et l’esprit entreprenariat de la jeune femme lui ont permis de ne s’imposer aucune limite pour atteindre ses objectifs.

Vous êtes intéressés à l’idée de savoir comment on peut transformer des troncs de bananiers au point d’obtenir un papier biodégradable ? Vous êtes à la bonne adresse !

PRA (Produits Relatifs au Secteur Agricole), l’histoire d’une startup à vocation écologique

Réduire les déchets plastiques et la déforestation, tel est l’objectif que s’est fixée la jeune innovatrice Armelle Sidje Tamo en mettant sur pied PRA spécialisée dans la fabrication de papiers biodégradables à partir de déchets de troncs de bananiers.

Ingénieure en réseaux et télécommunications, Armelle Sidje va exercer pendant plusieurs années dans un secteur d’activité en rapport avec sa formation académique, avant de perdre son emploi suite à une réduction du personnel au sein de l’entreprise dans laquelle elle travaille.

Elle se met à la recherche d’un autre emploi, mais le déclic d’entreprendre lui viendra au cours d’un voyage au Cameroun lorsqu’elle s’aperçoit que son pays est grandement pourvu en plantation de bananeraies et de plantains.

C’est alors qu’elle s’intéresse de plus près aux moyens de créer de la valeur avec les troncs de bananiers jetés dans les champs par les agriculteurs après les périodes de récolte.

Au bout de maintes recherches et de consultations, elle découvre qu’il est possible d’utiliser ces troncs de bananiers comme matière première pour fabriquer du papier emballage biodégradable, une solution non seulement écologique, mais aussi assez rentable, à condition de s’en donner les moyens de production.

Pour s’en donner les moyens justement, elle ira même jusqu’à accepter un travail de ménagère pour subvenir à ses besoins, mais surtout pour avoir le temps de travailler sur son projet.

C’est ainsi qu’Armelle Sidje Tamo, l’ingénieure en Réseaux et télécommunications devient une actrice importante du secteur agricole qui dirige une Startup dont la vocation est de participer à la sauvegarde de l’environnement en mettant au point des emballages papiers Biodégradables faits à base de ressources naturelles, à savoir les troncs de bananiers.

Créer des emballages Biodégradables à partir de déchets de troncs de bananiers, comment c’est possible ?

Pour la jeune innovatrice Armelle Sidje, il n’y a rien de plus simple que de mettre au point un emballage papier bio à partir de troncs de bananiers, il suffit de comprendre un certain nombre de procédés.

Pour faire simple, le procédé employé par la startup PRA (Produits Relatifs au Secteur Agricole) est le suivant :

Dans un premier temps, la startup PRA est basée à Yaoundé, une ville située dans une région à forte productivité de banane plantain et entretien des collaborations avec des collectifs d’agriculteurs locaux, mais aussi avec des organismes étatiques comme Le Programme National de Relance de la filière Plantain.

Grâce à sa position stratégique, à ses collaborations et à sa grande base de données d’agriculteurs locaux, la startup parvient ainsi à récupérer des quantités importantes de troncs de bananiers après les périodes de récolte, ce qui constitue sa matière première.

Et lorsqu’on sait que le Cameroun, selon des chiffres récents, produit environ 223 000 tonnes de bananes plantain chaque année, il faut croire que la matière première n’est pas ce qui manquera à la startup.

Dans la suite du process de fabrication, une fois la matière première obtenue, les membres de la startup d’Armelle Sidje vont extraire les fibres contenues dans les gaines du bananier.

Ce sont ces fibres extrêmement riches en cellulose qui vont par la suite garantir la solidité du papier produit, car comme le rappelle Armelle, « les gaines de bananiers plantains sont vraiment très solides, il n’y a qu’à voir l’utilisation que les mamans du pays en font, beaucoup utilisent ces gaines pour emballer le Koki, un met local qui est mis à l’épreuve de la chaleur environ deux heures avant d’être prêt ».

Les fibres extraites des gaines vont donc par la suite être bouillies afin d’obtenir des plaques de papier auxquelles il ne suffira plus qu’à accorder la forme souhaitée (Serviettes hygiéniques, emballages pour comprimés, cartons, Shopping Bag…) selon un certain procédé.

Lire Aussi : En Afrique, les femmes scientifiques sont des guerrières, voici les raisons…

Encourager les femmes à devenir des innovatrices, l’autre mission de la startup PRA

Comme le rappelle Armelle Sidje, PRA a aussi pour vocation d’aider les femmes à croire en elles et à être autonomes, d’où l’importance de les former et de les accompagner dans des process d’innovations agricoles.

En effet, depuis quelque temps déjà, la startup envisage de délocaliser certaines étapes du processus de fabrication des emballages PRA vers les champs où se trouvent les jeunes femmes agricultrices.

Il s’agit notamment de la procédure visant à dégainer le bananier et d’en extraire les fibres à cellulose dans un premier temps et de tout le procédé de fabrication par la suite, ceci afin de créer des emplois directs dans les zones rurales où sont récoltées les troncs de bananiers, mais aussi de permettre à ces jeunes femmes d’apprendre le process de fabrication.

Ce faisant, elles pourront avoir entre leurs mains des clés pour promouvoir une activité économique rentable, et pourquoi pas, elles aussi, former d’autres personnes.

Une innovation appréciée, des récompenses méritées 

La demande est énorme, ce qui constitue la meilleure preuve que le produit mis au point par la Startup a reçu un accueil favorable auprès du public, comme le rappelle Armelle.

Que ce soit au niveau national comme international, tous ceux qui entendent parler de cet emballage biodégradable le veulent.

En effet, la startup est pour le moment à une production journalière d’environ 500 emballages, alors que la communication sur ce produit n’est même pas encore véritablement effective.

Quoiqu’il en soit, Armelle Sidje, à travers sa startup, est aujourd’hui lauréate de plusieurs prix, notamment celui de l’AWIEF2020 (Africa Women Innovation and Entrepreneurship Forum), et plus récemment encore, elle a été shortlistée parmi les 16 meilleures innovations africaines pour remporter la Royal Academy of Engineering’s AfricaPrize for Engineering Innovation.

Pour Aller plus loin :

Génie d'afrique

Génie d'afrique

Information complète et en continu sur la technologie et science en Afrique.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Oser c'est avancé

Articles similaires

Olivier Madiba

Olivier Madiba est un jeune camerounais qui dès la première année d’université à l’Université de Yaoundé I, a nourri l’espoir avec ses camarades de classe