Dossier : En Afrique, les femmes scientifiques sont des guerrières, voici les raisons…

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femmes scientifiques africaines, guerrières modernes

Les Raisons qui font des femmes scientifiques africaines des guerrières modernes

Se marier, faire des enfants et s’occuper à plein temps de son foyer, voilà la considération qui est encore faite de la place que doivent occuper les femmes au sein de certaines communautés en Afrique Subsaharienne. Pourtant, elles sont de plus en plus nombreuses, ces femmes qui ont le courage d’affronter leurs incertitudes en se lancer dans des carrières scientifiques afin de vivre leur passion pour la science et la recherche au quotidien.

Pourtant, elles ont beau constituer le tiers de la communauté de scientifiques chercheurs en Afrique et mis en lumière par leurs travaux scientifiques de nombreux champs de recherche, les reconnaissances sont rares, les défis plus difficiles les uns que les autres, mais ces guerrières sont là, infatigables et continuent travailler chaque jour au rayonnement scientifique de leur continent.

Voici donc les raisons qui font de la femme scientifique africaine une guerrière des temps modernes.

De plus en plus nombreuses

Des femmes africaines qui choisissent de faire carrière dans des domaines de la science et de la recherche, on en voit de plus en plus sur le continent.

En effet, on estime à Plus de 30 % le pourcentage représentatif du nombre de femmes chercheures sur le continent africain, et c’est même plus que la moyenne mondiale de femmes scientifiques qui est d’environ 28 %.

Si l’on considère la question au cas par cas, des disparités sont tout de même à observer au niveau des pays, avec par exemple des taux de femmes dans la science à hauteur d’environ 45 %, 41,9 % et 41,5 % respectivement observés dans les pays que sont l’Afrique du Sud, Maurice et la Centrafrique, contre seulement 10 %, 9.8 % et 4.8 % respectivement pour le Togo, la Guinée et le Tchad.

Malgré ces chiffres encourageants, comment donc expliquer qu’elles soient si peu reconnues, à tel point qu’à ce jour, très peu, voire aucune femme n’ait reçu de prix Nobel pour ses travaux scientifiques ?

En dignes guerrières qu’elles sont, les femmes scientifiques africaines, malgré la faible reconnaissance qui leur est accordée et les stéréotypes sexistes auxquelles elles font face, elles continuent de s’investir dans la science et la recherche, que ce soit dans les « sciences dures » (Mathématiques, physiques…) ou encore dans les « sciences du care » comme les sciences de la vie, la santé ou encore la biologie.

Elles sont donc de plus en plus nombreuses à s’y investir, au risque de se voir carrément reprocher d’avoir abandonné leur féminité.

C’est d’ailleurs le constat qui ressort de ces propos de Raïssa Malu, physicienne de formation et consultante internationale en éducation à Kinshasa : « L’an dernier, lors d’un gala pendant la Semaine des sciences de RDC, que j’organise à Kinshasa, on avait fait mis en avant huit chercheuses, raconte Raïssa Malu. On les avait appelées nos « Amazones des sciences ». En les voyant monter sur scène, une personnalité dans le public m’a dit : “Pourquoi on empêche nos filles d’aller dans ces domaines puisque, finalement, elles peuvent être belles et intelligentes !” »

Eliminer le problème à la racine

De manière générale, les femmes africaines qui aspirent à faire carrière dans des domaines scientifiques sont complexées depuis l’enfance. Même si cela se fait de moins en moins, c’est un problème qui persiste encore.

Et quand bien même elles arrivent à se lancer dans des études scientifiques, elles doivent encore très souvent faire face à de grandes difficultés telles que les comportements sexistes de la part de leurs camarades, de leurs professeurs parfois et même de leurs collègues.

Pour Raïssa Malu, ce sont parfois de petits détails comme l’état désastreux des toilettes de certaines universités dans son Congo natal qui suffisent à décourager les filles et à les pousser à rebrousser chemin.

La cause de ces désistements prématurés se résume souvent en un seul mot, « la famille ». En effet, beaucoup de femmes et surtout en Afrique pensent qu’une carrière pleine dans un domaine scientifique est incompatible avec une vie de famille, sans oublier que ces femmes, comme les hommes d’ailleurs, doivent tout le temps prouver qu’elles sont capables.

C’est aussi le constat que fait Danielle Akini, camerounaise, la trentaine et développeuse informatique : « Être enceinte a changé beaucoup de choses à mon emploi du temps, mais pas le fait que je doive rester compétente. Et cette obsession se poursuit depuis la naissance de mon enfant. Nous, les femmes, assumons la charge des enfants, en ayant bien plus à prouver que les hommes sur le plan technique. Il faut en être bien consciente ».

Le bout du tunnel se dessine peu à peu

Les choses commencent peu à peu à changer, les considérations clichés et sexiste qui sont faites des femmes laissent progressivement place au respect, à l’admiration et les femmes africaines osent de plus en plus s’aventurer vers les sciences…

Il y a encore beaucoup à faire pour que la place de la femme scientifique africaine soit reconnue à sa juste valeur, mais des initiatives comme le Prix Jeunes Talents Afrique subsaharienne L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science, le collectif DiaspoReines qui promeut l’entrepreneuriat féminin numérique en Afrique, ou encore la Semaine des sciences de RDC et beaucoup d’autres laissent entrevoir des lendemains meilleurs pour ces guerrières modernes.

Sur ce constat, l’informaticienne Danielle Akini se réjouit d’ailleurs que : « Des petites filles ont des modèles comme moi, des femmes qui font de l’informatique qui leur montrent que c’est possible ».

Une impression partagée par Annick Suzor-Weiner, vice-présidente de l’Association pour la promotion scientifique de l’Afrique, qui s’exprime en ces mots : « l’installation dans la plupart des pays en développement, d’une classe moyenne où les jeunes filles sont moins prises par les tâches ménagères, et où les familles soutiennent davantage les études, est la clé des avancées ».

Par ailleurs, selon elle, si l’émancipation des femmes est une « lutte perpétuelle, il se peut même bien qu’en Afrique, ça aille plus vite qu’ailleurs ».

Crédit : Le monde Afrique

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