Dr Ambroise Wonkam, le génie africain qui utilise la génétique (ADN) pour soigner les maladies les plus mortelles du continent

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Dr Ambroise Wonkam, la génétique pour sauver des vies en Afrique et dans le monde

Les scientifiques les plus éminents s’accordent sur le fait que l’Afrique possède la variété génétique la plus riche qui soit. 

De ce fait, de précieuses informations sur un certain nombre d’agents pathogènes, sur les effets de la migration, de l’environnement, ou encore de la géographie sont profondément ancrées dans l’ADN des populations du continent considéré comme le berceau de l’humanité.

 Si l’on arrivait à examiner et à interpréter toutes ces précieuses informations, il serait possible de trouver des solutions à des fléaux et des maladies qui font des ravages chaque année au sein des populations du monde entier. 

C’est à ce titre que le Dr Ambroise Wonkam s’est intéressé à la génétique humaine dans ses différents travaux scientifiques, ceci afin que les connaissances collectées puissent aider à sauver des vies. 

En 2020, Le collectif de scientifiques africains emmenés par le Dr Wonkam a fait des avancées considérables en la matière, comblant ainsi les angles morts dans un domaine qui a longtemps été dominé par des scientifiques issus des pays occidentaux. 

Voici l’histoire et le parcours du Dr Ambroise Wonkam, un héros scientifique venu d’Afrique…

Un brillant parcours…

Le Dr Ambroise Wonkam voit le jour en Afrique plus précisément au Cameroun où il suivra son parcours scolaire jusqu’à l’université.

Il suit ses études universitaires à Yaoundé, plus précisément à la faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’université de Yaoundé I.

Il finira par y décrocher son doctorat en soutenant à Genève en Suisse, une thèse en biologie cellulaire au Département de Morphologie de l’Université de Genève, sous le thème « Fardeau de la drépanocytose et diagnostic génétique prénatal au Cameroun ».

Le Dr Wonkam va ainsi mettre en évidence sur un modèle de souris transgénique, que l’expression ectopique de Connexin32 conduit à une hypertrophie et une hyperplasie des cellules bêta productrices d’insuline pancréatique.

En français facile, cela signifie qu’en stimulant un certain nombre de cellules génétiques, il est possible d’améliorer les défenses immunitaires pour éradiquer un certain nombre de maladies et donc sauver des vies.

Ses travaux lui vaudront d’ailleurs de recevoir le prix Denber-pinard 2003 de la meilleure thèse de Faculté de médecine de l’université de Genève.

Le Dr Ambroise Wonkam, assoiffé de connaissances, n’interrompt pas pour autant son cursus. Il suit ensuite une formation de généticien médical dans un département de génétique de bonne réputation à Genève.

Cette formation lui permettra plus tard de pratiquer la génétique médicale dans plusieurs pays d’Afrique et d’Europe.

À ce jour, le Dr Wonkam exerce comme professeur associé et spécialiste principal à la Division de génétique humaine de la faculté des sciences de la santé de l’Université du Cap.

Il est également généticien médical consultant et dirige les activités visant à développer de nouvelles orientations dans le programme d’éducation génétique des étudiants.

De plus, ses compétences croisées en génétique et en laboratoire lui valent de faire intégralement partie du processus de développement et d’enseignement du programme de registraire et de conseiller en génétique pour le personnel des laboratoires.

Le professeur Wonkam est aussi secrétaire de la Société africaine de génétique humaine, et membre du conseil d’administration de la Fédération internationale des sociétés de génétique humaine.

Sans oublier qu’il occupe aussi une place de membre du conseil de l’Organisation du génome humain, et de membre du comité directeur du Global Genetic Medicine Collaborative (G2MC).

Pour sauver des vies en Afrique et dans le monde

Sur le plan international à savoir en occident mais surtout en Afrique, le Dr Ambroise Wonkam est convaincu que la génétique est une source précieuse d’informations pour sauver des vies comme il l’a fait et continue de le faire jusqu’ici.

Pour ce faire, il a axé ses études sur un certain nombre de fléaux qui ne sont certes pas de nouvelles pandémies, mais qui jusqu’à nos jours continuent de faire de nombreuses victimes en Afrique et à travers le monde.

C’est notamment le cas de la Drépanocytose. Ainsi, la contribution du Dr Wonkam à la science et à la recherche africaine se concentre sur les axes suivants :

Renforcer les capacités et l’éducation génétique

Les prouesses et réussites du Dr Ambroise wonkam montrent bien la nécessité majeure de créer ou d’améliorer les programmes d’enseignements médicaux en Afrique, ce qui pourrait permettre d’accroître les connaissances des apprenants dans le domaine de la génétique.

A travers ses actions à l’Université de Cape Town (UCT) où il exerce, mais aussi à travers le projet SADaac (un centre de coordination des données pour développer diverses études en Tanzanie, au Nigeria et au Ghana…) dont il a la charge, le Dr Wonkam a financé l’admission de plusieurs jeunes candidats pour un cours de courte durée en conseil génétique à l’UCT.

Sensibiliser sur l’Éthique scientifique de la médecine et de la recherche génétique

A ce niveau, les actions du Dr Ambroise Wonkam sont légions. Il y a par exemple le rapport intensif qu’il a produit sur les défis majeurs de l’éthique de l’avortement médicamenteux dans la pratique la médecine génétique en Afrique.

Il a également lancé un appel aux pouvoirs publiques d’Afrique pour une action politique visant à repenser les diagnostics de grossesse affectée par des maladies, par exemple la Drépanocytose.

Il ira même jusqu’à inclure la question des défis posés par l’utilisation de la génétique pour effectuer des tests de genre dans le sport, une étude qui pour le coup a grandement aidé les instances sportives de l’Afrique et du monde.

Par ailleurs, ses idées concernant les changements à apporter quant à la pratique de l’éthique dans la recherche scientifique en Afrique, ceci en impliquant les communautés, et ce à travers le consortium H3Africa qu’il dirigeait lui ont valu de recevoir une subvention du centre collaboratif du NIH/NHGRI (Initiative dont le but est d’accroître la diversité de la main-d’œuvre en génomique) à hauteur de 2.7 millions de Dollars.

Intervention génétique sur la Drépanocytose en Afrique

La mutation Génétique appelée Drépanocytose (SCD) affecte plus de 300 000 nouveaux nés tous les ans, ce qui traduit environ les ¾ du nombre total de nouveaux nés en Afrique Subsaharienne.

En effet, 90 % des bébés affectés par cette maladie en Afrique meurent sans atteindre l’âge de 5 ans.

Pour répondre à ce fléau majeur, le DR Ambroise Wonkam fait des recherches scientifiques et propose des études qui montrent qu’à travers la génétique médicale, les interventions de santé publiques sont plus efficaces face à cette maladie.

A cet effet, depuis quelques années déjà, il a mis en place une pratique du diagnostic génétique prénatal de la SCD au Cameroun et au Cap, une pratique efficace qui a permis d’améliorer la prise en charge des cas Drépanocytaires dans ces pays.

Intervention génétique sur la Perte Auditive en Afrique

Accompagné de son groupe de recherche, le Dr Ambroise Wonkam soutient que la perte auditive ne doit pas systématiquement être considérée d’un point de vue clinique, mais aussi génétique.

À ce propos, il mène une étude sur un échantillon de 10 familles camerounaises atteintes de surdité autosomique Récessive non Syndromique.

Pour ce faire, il intègrera ensuite 116 gènes dans un Otoscope (plateforme de séquençage ciblé massivement parallèle).

Des mutations causales ont été identifiées dans 7 familles (77,8%) : des MYO7A dans deux familles et les gènes suivants ont été impliqués dans le reste : CDH23, LOXHD1, SLC26A4A, OTOF et STRC. 

Douze mutations étaient nouvelles et des découvertes secondaires de variantes de signification inconnue ont été rapportées pour 7 des 9 familles. 

Le séquençage de l’exome entier de deux des 3 familles n’ayant montré aucune mutation sur le panel de l’Otoscope a conduit à la découverte d’un nouveau gène de perte auditive (données non publiées). 

Les résultats de cette étude constituent la preuve de concept que l’utilisation de WES dans l’ARNHL parmi les familles africaines pourrait non seulement avoir une implication majeure dans la pratique pour les populations africaines mondiales, mais pourrait conduire à la découverte de nouveaux gènes.

Suite à cette étude révolutionnaire, le Dr Wonkam s’est vu attribué maintes subventions à travers le monde.

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