Produire de l’eau potable à partir de l’air, la Kenyanne Beth Koigi met au point un dispositif pour y parvenir !

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Beth Koigi obtient de l'eau potable à partir de l'air

 »Si vous avez de l’air, vous pouvez avoir de l’eau potable”, affirme Beth Koigi, la Kényane qui a mis au point Majik Water, un dispositif ultra performant alimenté par des panneaux solaires, et qui est capable de capter et de transformer l’air ambiante en eau parfaitement potable.

Qui est Beth Koigi et comment parvient-elle à obtenir de l’eau potable simplement en captant l’air ambiante ?

De l’eau potable à partir de l’air, une solution simple et ingénieuse…

Majik water, c’est le nom que Beth Koigi et ses collaborateurs ont choisi de donner à ce dispositif incroyable capable de produire jusqu’à 10 litres d’eau potable par jour, à partir des particules d’eau présentes dans l’air ambiante.

Le nom de ce dispositif a été choisi afin de marquer le fait qu’il vient d’Afrique et qu’il a été mis au point par une africaine de génie.

En effet, le terme ‘’Maji’’ veut dire ‘’eau’’ en swahili, et le ‘’k’’ quant à lui, correspond à ‘’kivuana’’, veut dire ‘’récolte’’ dans le dialecte de Beth.

L’idée d’un tel dispositif n’est certes pas nouvelle dans le monde, mais il faut arriver à le mettre au point, c’est ce que le talent et le génie de Beth lui ont permis de faire.

Beth Koigi définit son œuvre comme étant une innovation sociale, puisque d’aussi loin qu’elle se souvienne, dans son village natal de Kimende situé à 240 km de Nairobi, les populations doivent parcourir de très grandes distances pour trouver de l’eau, qui n’est même pas potable en général.

En 2012, alors qu’elle est étudiante à l’Université de Chuka au Kenya, Beth Koigi se rend compte que l’eau qui s’écoule des robinets du campus est directement pompé des rivières, sans aucun procédé de filtration.

Cette eau qui a carrément une coloration marrone n’est décidément pas propre à la consommation, et Beth se souvient que certains ne s’en servaient même pas pour faire leur lessive. De plus, ceux qui s’aventuraient à en boire par manque d’options se voyaient infectés par toutes sortes de bactéries.

Étant la sœur d’un frère à la tête d’une entreprise de fabrication de gouttière, d’un autre travaillant dans la construction des barrages, et en tant que fille d’un père agriculteur qui possédait son propre système d’irrigation d’eau pour sa ferme, l’idée de la première entreprise de Beth sonne comme une évidence, celle de fabriquer des filtres à eau !

Bien que son idée lui permette de distribuer plus de 5000 filtres, pour Beth, cela ne suffit pas. Les filtres à eau c’est bien, mais qu’en est-il des populations qui vivent dans des zones reculées et qui doivent faire des kilomètres pour trouver de l’eau ?

C’est en 2016, alors qu’elle se rend aux États-Unis pour participer au programme Global Solutions de l’université Singularity de la Silicon Valley, qu’elle va découvrir comment produire de l’eau potable à partir de l’humidité de l’air, et commence à travailler sur la mise au point d’un tel dispositif, accompagnée de Clare Sewell, consultante en stratégie financière et Anastasia Kaschenko qui ont foi en un tel projet.

Majik Water, Comment ça fonctionne ?

L’idée de produire de l’eau potable à partir de l’humidité de l’air part d’un constat très simple : exposée à l’air libre, une bouteille contenant une boisson glacée quelconque va laisser apparaître de l’eau qui va couler le long de ses parois, c’est la condensation…

C’est à partir de ce constat que Beth Koigi va mettre au point Majik Water, son dispositif de condensation de l’humidité contenue dans l’air.

Il s’agit d’un dispositif alimenté par des panneaux solaires qui marche à quelques exceptions près, sur le même principe qu’un climatiseur qui rejette de l’eau pendant son fonctionnement.

En effet, Majik Water est équipé d’aspirateurs qui captent l’air et la refroidissent, puis envoient la condensation dans un réservoir, c’est ainsi que l’eau est obtenue.

Afin de la rendre potable, l’eau passe par un système de filtration à plusieurs étapes avec osmose inversée.

L’eau est ensuite assainie en étant soumise à de l’ultra-violet, ce qui permet de tuer toutes les bactéries, donc pas de chlore ni de conservateurs, juste une eau parfaitement potable et prête pour la consommation !

Selon Beth, le défi majeur a été d’adapter son œuvre, à savoir la technologie de captation de l’eau pour qu’elle fonctionne dans des zones arides ou semi-arides, où le taux d’humidité ne dépasse généralement pas les 35 %.

Elle y parviendra cependant en s’inspirant des nombreuses études menées par d’éminents scientifiques sur le sujet.

Une innovation très appréciée

À 29 ans, l’innovation de Beth Koigi a valu d’engranger bien des récompenses, notamment celui de l’AWIEF (La Tech Entrepreneur du Forum annuel des femmes africaines sur l’innovation et l’entrepreneuriat), de l’EDF Pulse, de l’Oxford Innovation Fair ou encore du MIT Water Innovation, parmi les plus prestigieux.

Cependant, Beth Koigi aimerait aller plus loin avec son innovation, mais le seul problème, c’est au niveau de l’investissement.

Pour produire à plus grande échelle, augmenter de façon considérable la quantité d’eau récoltée quotidiennement ou encore rendre le système plus facile d’utilisation tout en le maintenant abordable pour tous, il faut des investissements que Beth n’a pas.

Elle est bien consciente que le cycle de développement du produit prend du temps et que les investisseurs se montrent parfois très frileux vis-à-vis des entreprises en démarrage.

Pourtant, Beth Koigi a bon espoir que son innovation ne se retrouvera pas « noyé » avec le temps par le manque de considérations qu’on connaît à certains dirigeants africains à l’égard des technologies conçues par leurs compatriotes.

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